Safran et autres trésors du Crocus

Safran et autres trésors du Crocus
Tout feu, tout flamme, le crocus se cultive facilement. Il fleurit l'automne, mais aussi les autres saisons sur rocailles et gazons.

C'est au crocus que l'on doit cette merveilleuse épice : le safran. Bulbeuse belle à croquer, la plante ne saurait se réduire à cette richesse même si c'est par elle qu'elle est entrée dans la légende. « Au troisième siècle après J.-C., nous dit la légende, un missionnaire du bouddhisme, Madhyantika, pénétra au Cachemire sur lequel régnait alors le Grand Roi des Dragons, Hulûta. Cinq cents sages l'accompagnaient mais ce ne fut ni par l'éloquence ni par la guerre que la sagesse l'emporta : Madhyantika entra en état de « méditation bienveillante » et, subjugué, hulûta rendit les armes en posant comme seule condition que, jusqu'à la fin des temps, ces cinq cents sages ou leurs descendants restent au Cachemire. »


LES STIGMATES DU BOUDDHISME

Encore fallait-il que ces sages soient vêtus d'une manière qui les signales à l'attention des personnes pieuses : Madhyantika s'en alla, sur un sommet de l'Himalaya connu de lui seul, chercher une fleur blanche ou voilacée dont les stigmates et les anthères (parties terminales du pistil et des étamines) portaient une couleur – mais une couleur ! – telle qu'on en avait encore jamais vue. C'est ainsi que fut tirée de Crocus sativus cette teinture sans laquelle le bouddhisme n'aurait pas les plus majestueux de tous les moines de toutes les religions. Mais dans d'autres régions du monde, à défaut de l'avoir « vu », on avaiit déjà « senti » et « dégusté » cette fleur merveilleuse dont, par exemple, les cuisines du roi Salomon faisaient grande consommation. Et, dès la plus Haute Antiquité, on n'ignorait rien, entre Tigre et Euphrate, des vertus du za'farân dont nous avons fait le mot « safran ».

CROCUS D'AUTOMNE

Aujourd'hui, C. sativus, comme beaucoup de crocus d'automne ou d'hiver, est assez peu cultivé (du moins sous nos climats), car on leur préfère les crocus de printemps qui ont bénéficié de recherches attentives des horticulteurs néerlandais. Certes, ul existe désormais, parmi les soixante-dix espèces connues, des crocus à grandes fleurs ou à grandes tiges, très séduisant mais ils n'ont ni l'odeur ni le charme sauvage de leurs frères d'arrière-saison et, très souvent, leurs fleurs se ferment au coucher du soleil. Heureusement, des grainetiers redécouvrent... qu'il faut aussi que les jardins fleurissent à l'automne ! Et que des crocus florissant presque toute l'année à travers une pelouse de saxifrages sont une absolue merveille... C. sativus, dont les nuances s'auréolent du blanc au violet autour du safran de son c½ur, fleurit en septembre et octobre tout comme C. speciosus aux couleurs lilas. Pourpre foncé, C. nudiflorus poussera sa floraison jusqu'en novembre. Toujours avec des tiges d'environ une quinzaine de centimètres, mais plus difficiles à trouver, existent notamment : C. asturicus ( violet ou pourpre, de septembre à novembre), C.canbessedesii (blanc ou lilas, de septembre à mars), C. cancellatus (dont les jaunes peuvent encore éclairer les frimas de décembre), C. hadriaticus (blanc pourpré), C. hyemalus (blanc, jaune et pourpre) , C. iridoflorus (un très beau pourpre), C. Laevigatus (d'octobre au printemps) et C. medius aux innombrables nuances de blanc veiné de carmin ou de violine. Presque toutes ces espèces d'automne ou d'hiver jettent tout leur éclat lorsqu'elles sont plantées en groupe de vingt à cinquante bulbes et c'est délibérément qu'on les cultivera en rustique pour peu que le climat hivernal ne soit pas trop rude : planter en pleine terre et laisser les bulbes en place l'hiver.

CROCUS DES BEAUX JOURS

Plus sophistiqués dans leur apparence (quoique se prêtant aussi à une culture rustique) sont les crocus de printemps dont certains, à l'occasion, fleuriront dès février. Comme C. chrysantus (aux petites fleurs très serrées) ou C. vernus dont les grandes fleurs affectionnent les pelouses et dont on privilégiera les variétés « Roi des striés » (violet et argent) ou « Jeanne d'Arc » (blanc de neige). Et, selon les couleurs qu'on affectionne, on pourra aussi choisir parmi diverses espèces botaniques : C. dalmaticus (lilas), C. susanius (orange vif avec stiures rouges), C. corsicus (blanc panaché de violines), C. versicolor (du blanc au violé vif). Enfin, issus surtout de C. vernus et de C. chrysanthus, divers hybrides privilégient un port splendide au détriment souvent de l'odeur : comme « grande Jaune », « Remembrance » (bleu argenté), « lady Killer » (blanc et bleu pourpre) et bien d'autres. Le charme des fleurs aux odeurs safranées n'a pas fini d'agir sur tous ceux qui oeuvrent pour que nos jardins soient encore plus beaux demain qu'aujourd'hui !
# Posté le mardi 06 mars 2007 13:31
Modifié le vendredi 06 juillet 2007 14:05

Safran et autres trésors du Crocus

Safran et autres trésors du Crocus
LE SAVIEZ-VOUS ?

Certes le vrai safran coûte cher surtout s'il est naturel ; Pour autant, si vous voulez le cultiver et le récolter vous-même, ce devra être plus pour l'amour de l'art que pour faire des économies : il faut plus de 200 fleurs de Crocus sativus (crocus d'automne) pour obtenir 1 g de safran. Voici néanmoins la « recette » : planter à 15cm de profondeur (au lieu de 5 à 6 cm), couper les fleurs à la fin septembre et retirer très délicatement les stigmates (avec une pince à épiler par exemple...), faire sécher très rapidement dans un lieu très aéré et dépourvu de toute humidité.




CULTURE ET SOINS

La grande majorité des espèces se plaisent dans des rocailles avec une terre assez légère entremêlée de petits cailloux pour assurer un drainage parfait. On peut également les planter sur des pelouse ou les utiliser en bordure. Hormis quelques espèces, les crocus peuvent être plantés sur place et laissés en terre toute l'année à condition qu'ils ne manquent pas d'eau en période de floraison. Une précaution : si l'on souhaite faire cohabiter diverses espèces sans qu'elles se mêlent, il faut bien séparer les bulbes au moment de la plantation en enfouissant, par exemple, des pierres plates dans la terre entre chacune des espèces.
# Posté le mardi 06 mars 2007 13:28
Modifié le vendredi 06 juillet 2007 14:06

Les si belles couleurs du Phlox

Les si belles couleurs du Phlox
Qu'il porte des couleurs franches avec éclat ou des teintes pastel avec discrétion, qu'il pousse en tapis ou qu'il surplombe des massifs, le phlox offre ses grappes de fleurs comme un luxe facile à cultiver.

Peu importe sa couleur, le phlox illumine toujours le jardin, qu'il soit de petite ou grande taille, fleur annuelle ou vivace, plante de parterre ou de rocaille, fleur de printemps ou fleur d'été. L'éclat d'une flamme « phlox en latin » est toujours là et cette flamme brille que la fleur soit rouge, violette, bleue ou blanche... Et même avec des variétés récemment mises au point par des horticulteurs, aux teintes plus douces, le phlox donne encore ses couleurs aux reflets du soleil.

UNE FLEUR QUI ETINCELLE

Plus de 70 espèces qui, à l'exclusion d'une « sibérienne », nous viennent toutes d'Amérique du Nord et d'innombrables hybrides forment ce genre dont les tiges peuvent aller de 10 cm pour les naines jusqu'à 1 m pour certaines vivaces. Ainsi, cette plante de culture facile se prête à tous les usages et l'on trouvera toujours l'espèce ou la variété à planter là où on souhaite voir éclore une très belle et très originale fleur : rocailles, murets, bordures, massifs, corbeilles, plates-bandes, potées, sans oublier les vases de la maison. Si l'on ajoute que le phlox pousse bien sous toutes nos latitudes, qu'il se sème aisément sur place (pour les espèces annuelles) ou qu'il dure des années (pour les vivaces), qu'il dégage une odeur suave (même chez les hybrides) et qu'à côté des couleurs éclatantes des espèces botaniques on trouve les nuances subtiles des cultivars (espèces horticoles), on conviendra que cette fleur peut accrocher tous les regards et réchauffer tous les c½urs. Et, si diverses soient les espèces, elles ont toutes un point commun : une floraison en grappes (corymbes ou cymes) qui regroupent, souvent de manière très dense, des fleurs de 1 à 5 cm de diamètre, plates, parfois en entonnoir ou aux formes étoilées, qui, chacune, peuvent porter des nuances variées à l'infini.

BIEN ARROSE, IL POUSSE PARTOUT !

On le voit, le phlox est une fleur de luxe mais d'un luxe tranquille qui s'épanouit même dans le plus modeste des jardins. Bref, un véritable ami du genre humain qui, s'il préfère les sols fertiles, n'en accepte pas moins de déployer ses charmes sur des terrains arides ou pauvres, silencieux ou calcaires, pour peu qu'il soit bien arrosé l'été. C'est, peut-être, dans les annuelles que se déploie le mieux la capacité de cette fleur à marier toutes les nuances comme dans certaines variétés de « Phlox drummondii » dont le c½ur porte une étoile blanche ou sombre. Très touffue, buissonnante, variant du rouge au blanc en passant par le pourpre, le rose le lilas et même le bleu lavande, cette plante peut atteindre de 40 à 50 cm de haut (variétés Grandiflora), avec des variétés à fleurs doubles (P.d. flore plena) ou à grandes fleurs sur de très petites tiges (P.d. hortensiaeflora). Parmi d'autre variétés, « chanal » évoque, par ses fleurs doubles, des roses miniatures ; « Dwarf Beauty » a une floraison précoce avec des très beaux cramoisis ; « Petticoat » et « Palona » sont des espèces naines qui jouent les nuances pastel dans presque toutes les couleurs et « Twinkle », elle, s'affiche en bicolore.

DES TAPIS POUR LES ROCAILLES

Quant aux vivaces, les horticulteurs n'ont cessé de croiser les espèces pour donner naissance à une gamme infinie de variétés, à tel point qu'il est toujours difficile de les distinguer, surtout chez les plus hautes dont la floraison peut s'étendre de juin à octobre pour peu qu'on arrache les fleurs fanées et que, d'année en année, on « rabatte » à l'automne. Trois espèces, surtout, sont les ancêtres communs de ces hybrides : P. maculata, très odorante avec de beaux pourpres ou violets ; P. carolina, aux subtiles roses ou blancs nacrés et P. paniculata dont les fleurs, très parfumées, s'ouvrent au bout de tiges qui peuvent atteindre 1,20 m ! Parmi ces variétés « Caroline Van den Berg » porte de très curieux bleus ardoise, « Parma » affiche un splendide bleu mauve, « fanal » joue un rouge éclatant et « Jacqueline Maille », elle, se complaît dans des blancs très purs et très brillants. Pour les rocailles, avec une floraison printanière, Phlox douglasii subulata (rose aux nuances carminées avec « Betty » ou lilas avec « Lilacina ») et Phlox divaricata ( bleu faïence) forment de splendides tapis où les fleurs, en nombre infini, couvrent tout le feuillage. Comment, avec ces merveilles qui offrent leurs charmes où que se pose le regard, peut-il y avoir encore des jardins sans phlox ?

Les Phlox annuel se sème en Avril/mai, en place (éclaircir à 20 cm).
# Posté le mardi 06 mars 2007 12:56
Modifié le vendredi 06 juillet 2007 14:05

IL est revenu le temps du Muguet

IL est revenu le temps du Muguet
Le muguet? Un rite, un symbole, un gage de bonheur et mille autres choses encore qui font vibrer le jardin et les coeurs en mai.

Pourquoi cette fleur compte-t-elle autant de symboles? Certes, ily a sa blancheur virginale, son odeur à nulle autre pareille, se découpe parfaitement géométrique même chez les plantes sauvages, ses rendez-vous avec l'histoire (grande ou petite) du Premier Mai, hier fête de saint Josepht et aujourd'hui fête du travail ! Il y a aussi cette journée qui fait le désespoir des fleuristes où chacun peut, comme il le veut, s'installer là où ça lui plaît, pour vendre autant qu'il le veut cette petite clochette sans tatente, sans impôts et sans TVA, comme si, ce jour-là, le bonheur - ou plus simplement le sourir - se devait d'être présent à chaque coin de rue. Et le muguet a été chanté par Georges Brassens notamment ( "le premier Mai, c'est pas gai, Je trime, a dit le muguet, dix fois plus que d'hebitude" Brin de muguet tu es quelqu'un !) Ainsi va cette fleur qui comme l'a écrit un autre poète, Pierre Mac Orlan, "fleurit de fenêtre en fenêtre jusqu'aux portes du ciel! " Merveilleux et déconcertant muguet muguet qu'un jour par an on s'échange comme gage et l'espoir d'un droit au bonheur ! Même si, souvent, le muguet qui garni l'étal du fleuriste ou la corbeille du marchand d'un jour est un produit très "high tech". Longue préparation (étalée sur trois ans) pour sélectionner et élever des bourgeons pour le forçage qui, lui, va effectuer en quelqes semaines dans d'immenses serres très basses où les réglages de température, de lumière et d'humidité sont étroitement contrôlés: c'est toute une industrie de pointe qui déroule ici ses contraintes sans que pour autant le muguet perde son charme, ni toute son odeur.

SEMER OU LA LONGUE PATIENCE

Certes, on peut préférer le modeste et si parfumé muguet des sous-bois qui, sur des terrains argileux ou sableux, fleurit chaque années pour peu qu'il soit bien installé dans un endroit très aéré. On pourra en prélever et le planter, par exemple, en sous-bois ou, plus simplement, à l'ombre d'un arbre ou d'un arbuste à feuilles caduqyes en mettant une vingtaine de pieds au mètre carré pour obtenir un tapis (éviter de trop les enterrer) qui fleurira de la mi-avril à la fin mai si l'exposition a été bien choisie. Plus originale est la plantation en bordure (les feuilles très simples ont néanmoins leur élégance), ou même en rocaille si celle-ci a ses coins d'ombre. On peut aussi, si on souhaite cultiver des espèces plus "élaborer", acheter des turions (bourgeons souterrains formés à fleur de terre) et les planter dans une terre que l'on aura précédemment fumée. On la désherbera avec soins et arrosera pendant l'été, une fois la plantation effectuée.
Pour les jardiniers très patient, le semis est facile ( en pleine terre ou en terrines), mais il faut attendre les fleurs au moins trois ans ! Pour être la fleur d'un bonheur sans complication, le muguet que l'on cultive se mérite par la patience et sa floraison ne dure que quelques semaines. In peu comme une longue marche ! Certes, il peut fleurir pendant six mois s'il est cultivé forcé en serre. Mais à moins que d'être un jardinier très confirmé, très bien équipé et disposant de beaucoup de loisirs, on s'abstiendra ! Avec le muguet il faut prendre le bonheur simplement, comme il vient et le laisser s'enfuir sans chercher à l'emprisonner !
# Posté le lundi 05 mars 2007 11:55
Modifié le vendredi 06 juillet 2007 14:06

Bien tailler la Glycine

Bien tailler la Glycine
Pour obtenir une belle floraison et assurer le développement d'un feuillage très dense, on procèdera chaque année à une taille en deux temps.

1) En mars, après la sortie des boutons floraux, on coupera les rameaux de l'année précédente en préservant les boutons à fleurs situés sur les 20 à 30 cm de la base du rameau.

2) En août, la floraison terminée, on supprimera la moitié ou les deux tiers des rameaux de l'année sauf ceux dont on veut faire l'ossature de la plante.

Reproduire la glycine en toute sécurité

Grâce à ses lianes souples, la glycine se marcotte facilement:

1) Au début du printemps, choisissez une pousse vigoureuse et enterrez une partie dont on aura retiré les feuilles dans une petite tranchée creusée à côté du pied.

2) Maintenez la partie enterrée par un crochet ou une fourche.

3) Relever la partie libre du rameau et fixez-la à un tuteur.

4) rebouchez la tranchée avec un mélange de sable et de tourbe.

5) Sevrez en atomne et transgérez dans un pot pour cultiver pendant une saison.

6) La saison passée, mettez en terre.
# Posté le dimanche 04 mars 2007 11:29